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Comprendre, interpréter, apprécier

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Cours — Comprendre, interpréter, apprécier

Illustration du chapitre : comprendre interpreter

Identifier la visée d’un texte

Tout texte est écrit dans un but : c’est sa visée. Un même texte peut en combiner plusieurs — un roman sur la Seconde Guerre mondiale raconte, mais il peut aussi témoigner et dénoncer. En 3ᵉ, on attend de toi que tu saches nommer la visée dominante et la justifier.

ViséeLe texte cherche à…Indices à repérer
Narrativeraconter une histoirepersonnages, actions, temps du récit
Argumentativeconvaincre, persuader, dénoncerthèse, arguments, connecteurs logiques, vocabulaire évaluatif
Explicativefaire comprendre, informerprésent de vérité générale, définitions, exemples neutres
Lyriqueexprimer des émotionspremière personne, vocabulaire des sentiments, images
Satiriquefaire rire pour critiquerexagération, ironie, caricature

Pour trouver la visée, demande-toi : « Que veut faire l’auteur à son lecteur ? » — le faire rêver, l’informer, le convaincre, l’émouvoir, le faire rire ou l’indigner.

Justifier son interprétation : la méthode

Au brevet, une réponse d’interprétation ne vaut rien sans preuve textuelle. La méthode en trois temps s’applique à toutes les questions du type « Quelle image le narrateur donne-t-il de… ? Justifiez. »

  • 1. J’affirme : je formule mon idée avec mes propres mots. « Le narrateur présente son enfance comme un paradis perdu. »
  • 2. Je cite : je recopie entre guillemets un passage précis et court du texte, avec la ligne. « comme le montre l’expression “jardin enchanté” (l. 12) ».
  • 3. J’analyse : je nomme le procédé (métaphore, champ lexical, comparaison, hyperbole…) et j’explique l’effet produit sur le lecteur.
1. J’affirme 2. Je cite 3. Le procédé 4. L’effet mon idée « … » + ligne métaphore… sur le lecteur
La justification complète : affirmation, citation, procédé nommé, effet expliqué.

Les appuis possibles sont variés : choix des mots (connotations), champs lexicaux, figures de style, temps verbaux, ponctuation expressive, point de vue du narrateur, rythme des phrases.

Une bonne justification = affirmation + citation précise + procédé nommé + effet expliqué. Une citation sans analyse ne rapporte presque aucun point.

Lire entre les lignes : l’implicite et l’ironie

Un texte ne dit pas tout : le lecteur doit reconstruire l’implicite à partir d’indices. C’est ce qu’on appelle faire une inférence.

  • « Il reposa le combiné et fixa longtemps le mur, les mains tremblantes. » → le texte ne dit pas que le personnage a reçu une terrible nouvelle, mais le lecteur le comprend.
  • L’ironie consiste à dire le contraire de ce que l’on pense pour se moquer : c’est une antiphrase. Voltaire écrit que la guerre est une « boucherie héroïque » : l’adjectif élogieux accolé à un mot d’horreur dénonce la guerre.
  • Le point de vue (ou focalisation) oriente ce que sait le lecteur : interne (à travers un personnage), externe (témoin extérieur), omniscient (narrateur qui sait tout).

En 3ᵉ, l’ironie est essentielle pour lire les textes qui dénoncent les travers de la société : sous l’éloge apparent, il faut entendre la critique.

Indice du texte « les mains tremblantes » Expérience du lecteur trembler = peur, choc Inférence : l’implicite il a reçu une terrible nouvelle
Lire entre les lignes : indices du texte + expérience du lecteur = inférence.

Apprécier les effets de la langue littéraire

Les figures de style créent des images, des émotions, des insistances. Il faut savoir les identifier et commenter leur effet.

FigureDéfinitionExemple
Comparaisonrapprochement avec un outil (comme, tel…)« La Terre est bleue comme une orange » (Éluard)
Métaphorerapprochement sans outil de comparaison« Cette faucille d’or dans le champ des étoiles » (Hugo)
Personnificationun objet ou une idée devient humain« Le vent se plaignait dans les arbres »
Hyperboleexagération« Je meurs de faim »
Antithèseopposition de deux idées« Paris est tout petit / c’est là sa vraie grandeur » (Prévert)
Anaphorerépétition en début de phrase ou de vers« J’écris ton nom » répété dans Liberté (Éluard)
Antiphrasedire le contraire de ce qu’on pense (ironie)« Quel courage ! » à quelqu’un qui s’enfuit
Gradationénumération d’intensité croissante« Va, cours, vole et nous venge » (Corneille)

Apprécier un texte, c’est aussi être sensible au rythme (phrases courtes qui accélèrent, longues qui ralentissent) et aux sonorités (allitérations, assonances) : « Les sanglots longs / Des violons » (Verlaine) fait entendre la plainte par la nasale on.

Nommer une figure ne suffit pas : il faut toujours dire quel effet elle produit (émouvoir, insister, dénoncer, faire voir…).