Cours
Lire avec fluidité
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Cours — Lire avec fluidité

Qu’est-ce que lire avec fluidité ?
Lire avec fluidité (on parle aussi de fluence), c’est lire un texte sans hésiter, sans erreur et à un rythme régulier, en silence comme à voix haute. Quand le déchiffrage devient automatique, toute ton attention est disponible pour comprendre ce que tu lis.
- En 6ᵉ, l’objectif est de lire correctement 130 mots par minute en moyenne.
- La fluidité se mesure en MCLM : nombre de mots correctement lus par minute.
- Lire vite ne suffit pas : il faut aussi respecter le phrasé, c’est-à-dire les groupes de mots, les pauses et la mélodie de la phrase.
Lire avec fluidité, c’est lire juste, à bonne vitesse (environ 130 mots par minute en 6ᵉ) et avec un phrasé naturel.
Lire par groupes de mots
Un bon lecteur ne lit pas mot à mot : il lit par groupes syntaxiques, c’est-à-dire par blocs de mots qui vont ensemble (groupe sujet, groupe verbal, complément circonstanciel…). Entre ces groupes, il place de courtes pauses de respiration.
Exemple de segmentation (le signe / marque une pause courte) :
- « Le lendemain matin, / Ulysse et ses compagnons / quittèrent l’île du Cyclope / à bord de leur navire. »
- On ne coupe jamais à l’intérieur d’un groupe : lire « Ulysse et ses / compagnons quittèrent » casse le sens de la phrase.
- Plus les groupes lus d’un seul regard sont larges, plus la lecture est fluide.
On respire entre les groupes de mots, jamais au milieu d’un groupe qui forme un bloc de sens.
S’appuyer sur la ponctuation
La ponctuation est une partition de lecture : elle indique les pauses et la mélodie de la voix (la prosodie).
| Signe | Pause | Voix |
|---|---|---|
| Point . | Pause longue | La voix descend |
| Virgule , | Pause courte | La voix reste en suspens |
| Point d’interrogation ? | Pause longue | La voix monte |
| Point d’exclamation ! | Pause longue | La voix marque une émotion |
| Points de suspension … | Pause marquée | La voix reste suspendue, comme une attente |
| Deux-points : | Pause courte | La voix annonce ce qui suit |
Compare : « Ulysse, dit le Cyclope, est rusé. » et « Ulysse dit : le Cyclope est rusé. » La ponctuation change complètement le sens — et donc la lecture !
Liaisons et articulation
À voix haute, certaines liaisons sont obligatoires : on prononce la consonne finale muette d’un mot devant la voyelle du mot suivant.
- Déterminant + nom : « les‿enfants » (on entend [z]), « un‿ami » (on entend [n]).
- Adjectif + nom : « un petit‿homme » (on entend [t]), « un grand‿arbre » (on entend [t]).
- Pronom + verbe : « ils‿arrivent », « nous‿avons » (on entend [z]).
- Il faut aussi articuler : prononcer toutes les syllabes, sans avaler les fins de mots.
Les liaisons entre déterminant et nom (« les‿enfants ») et entre pronom et verbe (« ils‿arrivent ») sont obligatoires.
S’entraîner efficacement
La fluidité se travaille comme un sport : par des entraînements courts et réguliers.
- Relectures répétées : lire trois ou quatre fois le même texte ; la vitesse et l’aisance augmentent à chaque passage.
- Lecture chronométrée : lire pendant une minute, compter les mots lus, retrancher les erreurs.
- Lecture en binôme : un camarade suit le texte, note les hésitations et les mots déformés.
- Calcul de la MCLM : si tu lis 150 mots en une minute avec 6 erreurs, ta MCLM est 150 − 6 = 144 mots.
Mémo — Lire avec fluidité

- Fluidité : lire sans erreur, sans hésitation, à un rythme régulier — objectif 6ᵉ : 130 mots par minute.
- MCLM : mots correctement lus par minute = mots lus − erreurs.
- Groupes de mots : lire par blocs de sens, respirer entre les groupes, jamais au milieu.
- Ponctuation : point = pause longue, voix qui descend ; virgule = pause courte ; « ? » = voix qui monte.
- Liaisons obligatoires : « les‿enfants », « ils‿arrivent », « un petit‿homme ».
- Articulation : prononcer toutes les syllabes, ne pas avaler les fins de mots.
- Entraînement : relectures répétées, lecture chronométrée, lecture en binôme.
Exercices — Lire avec fluidité
Exercice 1
Recopie la phrase suivante et marque d’un trait / les pauses de respiration entre les groupes de mots :
« Au lever du jour, Ulysse et ses compagnons détachèrent le navire et quittèrent en silence l’île du Cyclope. »
Correction
« Au lever du jour, / Ulysse et ses compagnons / détachèrent le navire / et quittèrent en silence / l’île du Cyclope. » On coupe après le complément circonstanciel, après le groupe sujet et entre les deux groupes verbaux — jamais à l’intérieur d’un groupe (« Ulysse et ses / compagnons » serait une coupure fautive).
Exercice 2
Léna a lu pendant une minute : elle a lu 148 mots mais a fait 8 erreurs (mots déformés ou sautés).
- Calcule sa MCLM.
- A-t-elle atteint l’objectif de la 6ᵉ ? Justifie.
Correction
1) MCLM = 148 − 8 = 140 mots correctement lus par minute. 2) Oui : l’objectif de 6ᵉ est de 130 mots par minute en moyenne, et 140 > 130. Léna peut maintenant travailler l’expressivité.
Exercice 3
Recopie ces groupes de mots et indique par le signe ‿ les liaisons obligatoires à faire à voix haute :
- les océans
- un grand arbre
- ils avancent
- un petit homme
Correction
1) « les‿océans » (liaison en [z] entre déterminant et nom). 2) « un grand‿arbre » (liaison en [t] entre adjectif et nom). 3) « ils‿avancent » (liaison en [z] entre pronom et verbe). 4) « un petit‿homme » (liaison en [t] entre adjectif et nom).
Exercice 4
Entraînement de fluence : choisis un extrait d’une quinzaine de lignes de ton roman d’aventures en cours de lecture. Lis-le à voix haute trois fois de suite, en chronométrant chaque lecture.
Correction
Critères de réussite : le temps de lecture diminue entre la première et la troisième lecture ; le nombre d’erreurs diminue ; les pauses tombent aux signes de ponctuation et entre les groupes de mots ; toutes les syllabes sont articulées. Si la troisième lecture atteint environ 130 mots par minute sans erreur, l’objectif est atteint.
Évaluation — Lire avec fluidité
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Lire à voix haute avec expressivité

Lire pour un auditoire
Lire à voix haute, c’est offrir un texte à ceux qui écoutent. En 6ᵉ, tu dois pouvoir lire avec aisance un texte de 10 à 20 lignes devant la classe, en regardant régulièrement ton auditoire.
- Le regard : lever les yeux à la fin des phrases pour garder le contact avec le public.
- La voix : parler assez fort pour être entendu du fond de la salle, sans crier.
- Le débit : ni trop vite (on perd l’auditoire), ni trop lentement (on l’endort).
- La posture : se tenir droit, tenir le livre sans se cacher le visage.
Une lecture réussie se prépare : on lit pour les autres, en les regardant, avec une voix audible et un débit maîtrisé.
Rendre les émotions et les intentions
Une lecture expressive fait entendre les émotions des personnages (peur, joie, colère, tristesse) et les intentions de l’auteur (faire rire, faire peur, émouvoir, instruire).
| Émotion | Voix | Exemple |
|---|---|---|
| Peur | Voix basse, tremblante, débit haché | Les compagnons d’Ulysse face au Cyclope |
| Colère | Voix forte, ton sec, rythme rapide | Polyphème découvrant qu’il est aveuglé |
| Joie | Voix claire, mélodie montante | Le retour d’un héros chez lui |
| Ruse, flatterie | Voix douce, mielleuse, insistante | Le Renard s’adressant au Corbeau |
Avant de lire, demande-toi : que ressent le personnage ? que veut me faire éprouver l’auteur ? Ta voix doit le faire entendre.
Donner vie à un dialogue
Dans un dialogue, chaque personnage doit avoir sa voix : on change légèrement de ton, de hauteur ou de rythme quand on passe d’un personnage à l’autre.
- Les verbes de parole guident la lecture : « chuchota-t-il » → voix basse ; « s’écria-t-elle » → voix forte ; « gronda le géant » → voix menaçante ; « supplia-t-il » → voix implorante.
- Dans « Le Corbeau et le Renard » de La Fontaine, le Renard prend une voix flatteuse et le Corbeau, tout à sa vanité, reste muet… jusqu’à sa lourde erreur.
- Les tirets et les guillemets signalent les prises de parole : ils t’indiquent où changer de voix.
Pour caractériser les personnages d’un dialogue, on s’appuie sur les verbes de parole et on donne à chacun un ton reconnaissable.
Préparer et annoter sa lecture
Les comédiens annotent toujours leur texte : fais comme eux ! Sur une photocopie ou au crayon, utilise un code simple :
- / pause courte, // pause longue ;
- souligner les mots à mettre en relief (mots importants, noms propres, exclamations) ;
- ↗ voix qui monte (question, suspense), ↘ voix qui descend (fin de phrase) ;
- noter en marge l’émotion de chaque réplique : peur, colère, moquerie…
Puis répète plusieurs fois à voix haute : la lecture expressive est le fruit de l’entraînement, pas de l’improvisation.
Mémo — Lire à voix haute avec expressivité

- Objectif 6ᵉ : lire avec aisance et expressivité un texte de 10 à 20 lignes en regardant l’auditoire.
- Regard : lever les yeux à la fin des phrases pour garder le contact avec le public.
- Voix : audible jusqu’au fond de la salle, débit ni trop rapide ni trop lent.
- Émotions : la voix traduit peur, joie, colère, ruse — ce que ressent le personnage.
- Intentions de l’auteur : faire rire, faire peur, émouvoir, instruire — la lecture doit les servir.
- Dialogue : un ton par personnage, guidé par les verbes de parole (chuchota, s’écria, gronda…).
- Annotation : / pause courte, // pause longue, mots soulignés, flèches d’intonation.
- Entraînement : répéter plusieurs fois à voix haute avant de lire en public.
Exercices — Lire à voix haute avec expressivité
Exercice 1
Recopie et annote ce court extrait pour préparer sa lecture (pauses / et //, mots soulignés, flèches d’intonation) :
« Personne ne m’a attaqué ! hurla le Cyclope. Personne ne m’a aveuglé ! Alors les autres géants s’éloignèrent en haussant les épaules. »
Correction
Proposition : « Personne ne m’a attaqué ! ↗ // hurla le Cyclope. / Personne ne m’a aveuglé ! ↗ // Alors / les autres géants / s’éloignèrent / en haussant les épaules. ↘ » Les cris de Polyphème se lisent d’une voix forte et furieuse ; la dernière phrase, d’une voix plus calme et narrative. Le mot « Personne » est mis en relief : c’est la ruse d’Ulysse !
Exercice 2
Lis à voix haute la phrase « Tu es venu. » de trois manières différentes : avec joie, avec peur, puis avec colère. Fais deviner l’émotion à un camarade.
Correction
Critères de réussite : la joie s’entend par une voix claire et une mélodie montante ; la peur par une voix basse, hésitante, presque chuchotée ; la colère par une voix forte, sèche, avec un débit rapide. Si le camarade identifie les trois émotions sans se tromper, l’exercice est réussi : les mots sont identiques, seule l’expressivité change le sens.
Exercice 3
Avec un camarade, préparez une lecture à deux voix du « Corbeau et le Renard » de La Fontaine : l’un lit le récit, l’autre les paroles du Renard. Entraînez-vous puis présentez la lecture à la classe.
Correction
Critères de réussite : le lecteur-narrateur adopte un ton posé et malicieux ; le lecteur-Renard prend une voix flatteuse et mielleuse (« Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! »), puis un ton moqueur pour la leçon finale (« Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. »). Les changements de voix sont nets, la morale est détachée et bien articulée.
Exercice 4
Pour chaque phrase, indique le ton de lecture suggéré par le verbe de parole :
- « Fuyons ! chuchota le marin. »
- « Sors de ma caverne ! gronda le géant. »
- « Épargne-moi, supplia le prisonnier. »
Correction
1) « chuchota » : voix très basse, pressée, inquiète — on murmure pour ne pas être entendu. 2) « gronda » : voix grave, forte et menaçante — la colère du géant doit s’entendre. 3) « supplia » : voix implorante, presque brisée — le personnage demande grâce. Le verbe de parole est la consigne de jeu du lecteur.
Évaluation — Lire à voix haute avec expressivité
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Comprendre des textes, des documents et des images

Dégager le sens global et reconnaître le genre
Après une première lecture, tu dois pouvoir répondre aux questions essentielles : qui ? quoi ? où ? quand ? pourquoi ? C’est le sens global du texte. Tu dois aussi rattacher le texte à un genre, car chaque genre a ses codes.
| Genre | Indices pour le reconnaître | Exemple |
|---|---|---|
| Conte | « Il était une fois », merveilleux, formule finale | « La Belle et la Bête » |
| Fable | Court récit en vers ou en prose, animaux qui parlent, morale | « Le Corbeau et le Renard » |
| Poème | Vers, strophes, rimes, images | « Le Dormeur du val » |
| Théâtre | Répliques, nom des personnages, didascalies | Farces et comédies |
| Texte documentaire | Informations vérifiables, titres, schémas, légendes | Article sur les volcans |
Comprendre un texte commence par le sens global (qui ? quoi ? où ? quand ?) et l’identification de son genre.
Informations explicites et implicites
Une information explicite est écrite noir sur blanc dans le texte. Une information implicite n’est pas écrite : le lecteur doit la déduire en croisant les indices du texte et ses connaissances. On appelle cette déduction une inférence.
- Texte : « Nausicaa vit un homme couvert de sel et d’algues s’avancer sur la plage. » — Explicite : un homme s’avance sur la plage. Implicite : il sort de la mer, sans doute après un naufrage.
- Texte : « Le quai était désert ; Léo serra son billet et regarda une dernière fois la ville. » — Implicite : Léo part en voyage, probablement pour longtemps (« une dernière fois »).
- Pour vérifier une inférence, on cherche les indices précis qui la justifient.
L’implicite se déduit des indices du texte : le lecteur doit « lire entre les lignes », mais toujours preuve à l’appui.
Reprises nominales et liens logiques
Pour suivre un texte, il faut repérer qui fait quoi : un même personnage est désigné par des mots différents, les reprises.
| Type de reprise | Exemple pour Ulysse |
|---|---|
| Pronom | il, le, lui, celui-ci |
| Groupe nominal repris | le héros, le roi d’Ithaque, le rusé navigateur |
| Périphrase | l’homme aux mille ruses |
Les liens logiques et chronologiques (connecteurs) organisent le texte : d’abord, puis, ensuite, enfin (temps) ; car, parce que, donc, mais, pourtant (logique). Ils t’aident à reconstruire l’ordre des événements et les causes.
Justifier son interprétation
En 6ᵉ, on ne se contente pas de dire ce qu’on a compris : on le justifie en s’appuyant sur le texte ou sur ses connaissances.
- Citer le texte : « Je pense que le personnage a peur, car le texte dit qu’“il recula en tremblant”. »
- Utiliser ses connaissances : « Je sais que le Cyclope n’a qu’un œil : c’est pourquoi la ruse d’Ulysse peut réussir. »
- Deux lecteurs peuvent proposer des interprétations différentes : c’est acceptable si chacune est justifiée par le texte.
Lire une image fixe et comparer des documents
Une image se lit comme un texte, avec un vocabulaire précis :
- Premier plan / arrière-plan : ce qui est devant, ce qui est au fond ;
- Cadrage : plan d’ensemble (le décor), plan rapproché (le personnage), gros plan (un détail) ;
- Couleurs et lumière : elles créent une atmosphère (sombre, inquiétante, joyeuse…).
Quand on compare des documents (un texte et un tableau, deux illustrations du même épisode), on cherche les points communs et les différences : que garde l’artiste ? qu’ajoute-t-il ? qu’interprète-t-il ? Par exemple, deux peintres représentant Ulysse et les sirènes ne choisissent pas le même moment ni le même point de vue.
Décrire une image, c’est observer les plans, le cadrage, les couleurs ; l’interpréter, c’est dire l’effet qu’elle produit, indices à l’appui.
Mémo — Comprendre des textes, des documents et des images

- Sens global : répondre à qui ? quoi ? où ? quand ? pourquoi ? dès la première lecture.
- Genres : conte, fable, poème, théâtre, documentaire — chacun a ses codes reconnaissables.
- Explicite : écrit dans le texte ; implicite : à déduire des indices (inférence).
- Reprises nominales : pronoms, groupes nominaux, périphrases qui désignent le même personnage.
- Connecteurs : d’abord, puis, enfin (temps) ; car, donc, mais (logique).
- Justifier : toujours appuyer son interprétation sur une citation ou une connaissance.
- Image fixe : premier plan / arrière-plan, cadrage, couleurs et lumière.
- Comparer des documents : chercher points communs et différences, puis les interpréter.
Exercices — Comprendre des textes, des documents et des images
Exercice 1
Lis ce début de texte : « Il était une fois un roi qui avait trois fils. Le plus jeune, que l’on croyait simple d’esprit, allait pourtant accomplir ce que ses aînés ne pouvaient faire. »
- À quel genre appartient ce texte ? Justifie par deux indices.
- Que peut-on déjà deviner de la suite ?
Correction
1) C’est un conte : la formule d’ouverture « Il était une fois » et la situation traditionnelle du roi aux trois fils sont deux indices caractéristiques du genre. 2) On peut deviner que le plus jeune fils, moqué au début, réussira l’épreuve et sera récompensé : le texte l’annonce par « allait pourtant accomplir ce que ses aînés ne pouvaient faire ».
Exercice 2
« Quand Marion ouvrit la porte, le paillasson était trempé et le parapluie de son frère dégoulinait dans l’entrée. » Réponds en distinguant explicite et implicite :
- Quelle information est explicite ?
- Quelle information implicite peux-tu déduire ? Quels sont tes indices ?
Correction
1) Explicite : le paillasson est trempé, le parapluie dégoulinant est dans l’entrée. 2) Implicite : il a plu (ou il pleut encore) et le frère de Marion vient de rentrer. Indices : un paillasson « trempé » et un parapluie qui « dégoulinait » supposent une pluie récente, et le parapluie appartient au frère, donc c’est lui qui est rentré.
Exercice 3
« Ulysse écouta le chant des sirènes. Le héros, attaché au mât, suppliait ses compagnons de le détacher, mais ceux-ci ramaient sans l’entendre. » Relève toutes les expressions qui désignent : a) Ulysse ; b) les compagnons.
Correction
a) Ulysse est désigné par « Ulysse », « Le héros », « le » (dans « de le détacher ») et « l’ » (dans « sans l’entendre »). b) Les compagnons sont désignés par « ses compagnons » puis par le pronom « ceux-ci ». Repérer ces reprises permet de suivre qui fait quoi dans le texte.
Exercice 4
Observe une illustration de ton manuel représentant Ulysse face au Cyclope (ou toute image d’un monstre mythologique). Décris-la en trois phrases en utilisant : premier plan, arrière-plan, et un mot sur les couleurs ou la lumière. Puis dis en une phrase l’effet produit.
Correction
Critères de réussite : la description distingue bien le premier plan (par exemple les personnages) et l’arrière-plan (la caverne, la mer…) ; elle mentionne les couleurs ou la lumière (tons sombres, contraste, clair-obscur…) ; l’effet produit est formulé et justifié (« l’image inquiète le spectateur car le Cyclope, immense et dans l’ombre, domine les hommes minuscules »).
Évaluation — Comprendre des textes, des documents et des images
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Lire une œuvre et se l’approprier

Lecture intégrale et lecture cursive
En 6ᵉ, tu lis au moins trois œuvres du patrimoine en lecture intégrale (étudiées en classe, chapitre par chapitre) et trois œuvres en lecture cursive (lues en autonomie, à ton rythme).
| Lecture intégrale | Lecture cursive | |
|---|---|---|
| Où ? | En classe, avec le professeur | À la maison, en autonomie |
| Comment ? | Étude précise de passages, analyses | Lecture plaisir, plus libre |
| Exemples | L’Odyssée, des fables, une pièce de théâtre | Un roman d’aventures, un recueil de contes |
En 6ᵉ : 3 œuvres en lecture intégrale + 3 œuvres en lecture cursive, choisies dans le patrimoine et la littérature de jeunesse.
Suivre l’intrigue et les personnages
Une œuvre longue demande des outils pour ne pas se perdre. Le carnet de lecture (ou journal de lecteur) t’accompagne tout au long du livre :
- noter les personnages au fil de leur apparition (nom, rôle, liens avec les autres) ;
- résumer chaque étape importante de l’intrigue en une ou deux phrases ;
- recopier une citation qui t’a plu, étonné ou intrigué, avec la page ;
- écrire tes impressions : ce que tu ressens, ce que tu prévois pour la suite.
Exemple : pour l’Odyssée, une carte des escales d’Ulysse (les Cicones, les Lotophages, le Cyclope, Éole, Circé, les sirènes…) aide à mémoriser la structure du voyage.
Comprendre finement et interpréter
Comprendre une œuvre, c’est aller au-delà de l’histoire : c’est s’appuyer sur des éléments précis pour proposer une interprétation.
- Question de compréhension fine : pourquoi Ulysse dit-il au Cyclope qu’il s’appelle « Personne » ? → Pour que Polyphème, en appelant à l’aide, crie « Personne ne m’attaque ! » et ne soit pas secouru : la ruse est préparée.
- Question d’interprétation : Ulysse est-il un héros parce qu’il est fort, ou parce qu’il est intelligent ? → Les épisodes montrent surtout sa ruse (le cheval de Troie, « Personne », la cire dans les oreilles), ce qui distingue ce héros des guerriers uniquement puissants.
- Une interprétation se discute : elle est recevable si elle est cohérente avec l’ensemble de l’œuvre.
Une interprétation n’est ni « juste » ni « fausse » d’avance : elle vaut par les preuves qu’on tire de l’œuvre.
Partager ses lectures et en débattre
Lire est aussi une activité collective : on confronte ses impressions et ses jugements avec ceux des autres.
- Le cercle de lecture : chacun présente un passage choisi et explique son choix.
- Le débat interprétatif : la classe discute une question ouverte (« Le Cyclope est-il seulement un monstre ? ») en s’appuyant sur le texte.
- L’avis argumenté : « J’ai aimé / je n’ai pas aimé ce livre parce que… » — un jugement vaut par ses raisons.
- Écouter un avis différent du sien peut enrichir sa propre lecture : c’est le but du partage.
Mémo — Lire une œuvre et se l’approprier

- Programme 6ᵉ : 3 œuvres du patrimoine en lecture intégrale + 3 œuvres en lecture cursive.
- Lecture intégrale : étudiée en classe, passage par passage ; cursive : lue en autonomie.
- Carnet de lecture : personnages, étapes de l’intrigue, citations, impressions personnelles.
- Compréhension fine : s’appuyer sur des éléments précis du texte (la ruse de « Personne »).
- Interprétation : proposer un sens et le justifier par des preuves tirées de l’œuvre.
- Débat interprétatif : discuter une question ouverte en citant le texte.
- Avis argumenté : « j’ai aimé parce que… » — un jugement se justifie toujours.
Exercices — Lire une œuvre et se l’approprier
Exercice 1
Pour le roman que tu lis en ce moment, crée une page de carnet de lecture : liste des personnages principaux (avec un mot pour chacun), résumé en trois phrases de ce que tu as lu, et une citation choisie avec sa page.
Correction
Critères de réussite : chaque personnage est nommé et caractérisé d’un mot juste (ex. « Ulysse : rusé ») ; le résumé suit l’ordre du récit et tient en trois phrases complètes ; la citation est recopiée sans erreur, entre guillemets, avec le numéro de page ; une impression personnelle accompagne l’ensemble.
Exercice 2
Dans l’épisode du Cyclope, Ulysse déclare s’appeler « Personne ». Explique en quelques phrases pourquoi cette ruse est efficace, en citant ce que crie Polyphème lorsqu’il appelle les autres Cyclopes à l’aide.
Correction
Quand Ulysse l’aveugle, Polyphème hurle : « Personne me tue ! Personne m’attaque ! » Les autres Cyclopes comprennent que… personne ne l’attaque, et repartent sans l’aider. La ruse est efficace parce qu’Ulysse a prévu à l’avance ce moment : le faux nom rend l’appel au secours absurde. C’est un exemple parfait de l’intelligence d’Ulysse, « l’homme aux mille ruses ».
Exercice 3
Débat interprétatif : « Ulysse est-il un héros admirable ? » Prépare deux arguments pour et un argument contre, chacun appuyé sur un épisode précis de l’Odyssée.
Correction
Exemples recevables — Pour : il sauve ses compagnons du Cyclope grâce à la ruse de « Personne » et du pieu ; il résiste au chant des sirènes en se faisant attacher au mât, preuve de prudence. Contre : sa curiosité met ses hommes en danger (c’est lui qui veut voir le Cyclope) et son orgueil, quand il révèle son vrai nom en repartant, attire sur eux la colère de Poséidon. Tout argument citant précisément un épisode est valable.
Exercice 4
Rédige en cinq lignes un avis argumenté sur ta dernière lecture cursive, destiné à un camarade qui hésite à lire ce livre : ton jugement + deux raisons précises + une réserve éventuelle.
Correction
Critères de réussite : le jugement est clairement exprimé (« je recommande / je ne recommande pas ») ; les deux raisons s’appuient sur des éléments précis du livre (un personnage, un épisode, l’écriture) et non sur des généralités (« c’est bien ») ; la réserve éventuelle est honnête (« le début est lent ») ; le texte s’adresse bien au camarade (« tu aimeras si… »).
Évaluation — Lire une œuvre et se l’approprier
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Culture littéraire et artistique

Créer, recréer le monde : récits des origines
Toutes les civilisations ont inventé des récits pour répondre aux grandes questions : d’où vient le monde ? d’où viennent les hommes ? Ce sont les récits des origines, ou récits de création.
- La mythologie grecque raconte la naissance du monde à partir du Chaos, puis le règne des Titans et des dieux de l’Olympe.
- Les Métamorphoses d’Ovide expliquent l’origine d’animaux, de plantes ou de rochers par la transformation d’êtres humains (Arachné changée en araignée, Narcisse en fleur).
- D’autres traditions proposent leurs récits : la Genèse de la Bible, les mythes égyptiens, africains ou amérindiens.
- Ces récits ne sont pas des textes scientifiques : ils donnent un sens poétique et symbolique au monde.
Un récit des origines explique de façon symbolique la naissance du monde ou d’un élément du monde — comme les métamorphoses d’Ovide.
Chanter et enchanter le monde : mots et merveilles
La poésie transforme le regard que nous portons sur le monde : elle joue avec les mots, les sons et les images pour enchanter le réel.
- Le poème se reconnaît à ses vers, ses strophes et souvent ses rimes — mais il existe aussi des poèmes en prose et en vers libres.
- Les images poétiques : la comparaison (« la lune, comme une faucille d’or ») et la métaphore (« ce toit tranquille » pour la mer).
- Les jeux sur les sons : allitérations (répétition de consonnes), assonances (répétition de voyelles), rythme du vers.
- Un poème se lit à voix haute : sa musique fait partie de son sens.
La comparaison utilise un mot outil (« comme ») ; la métaphore rapproche deux réalités sans mot outil.
Se masquer, jouer, déjouer : ruses en action
Au théâtre comme dans les fables, la ruse est un moteur du rire et de l’action : le faible y triomphe souvent du fort par l’intelligence.
- Le texte de théâtre se compose de répliques (paroles des personnages) et de didascalies (indications de jeu en italique, non prononcées).
- Dans les farces du Moyen Âge et chez Molière (par exemple Les Fourberies de Scapin), valets et personnages rusés trompent les puissants — et le public rit d’être dans la confidence.
- Le Roman de Renart et les fables de La Fontaine mettent en scène des animaux rusés : Renart le goupil, le Renard face au Corbeau…
- Masques, déguisements et fausses identités sont les armes du rusé — comme le « Personne » d’Ulysse.
Partir à l’aventure !
Le récit d’aventures arrache le héros à son quotidien et le lance dans l’inconnu : voyages, dangers, rencontres et épreuves le transforment.
- L’Odyssée d’Homère est le grand modèle : dix ans d’épreuves pour rentrer à Ithaque.
- Les romans d’aventures — L’Île au trésor de Stevenson, Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne — reprennent ce schéma : départ, épreuves, retour (ou arrivée) du héros transformé.
- Les ingrédients du genre : un héros courageux ou rusé, un but (trésor, retour, exploit), des obstacles (tempêtes, ennemis, pièges) et un suspense qui tient le lecteur en haleine.
Un récit d’aventures suit souvent le schéma : départ → épreuves → transformation du héros → retour ou but atteint.
Rencontrer des monstres : expérience de l’autre, expérience de soi
Le monstre fascine parce qu’il est l’autre absolu : difforme, démesuré, inquiétant. Mais l’affronter, c’est aussi apprendre quelque chose sur soi.
| Monstre | Particularité | Héros qui l’affronte |
|---|---|---|
| Polyphème le Cyclope | Géant à l’œil unique, dévoreur d’hommes | Ulysse (par la ruse) |
| Le Minotaure | Corps d’homme, tête de taureau, enfermé dans le Labyrinthe | Thésée (aidé du fil d’Ariane) |
| Méduse la Gorgone | Chevelure de serpents, regard qui pétrifie | Persée (grâce au bouclier-miroir) |
| Les sirènes | Chant irrésistible qui attire les marins vers la mort | Ulysse (attaché au mât) |
Face au monstre, le héros grec ne gagne presque jamais par la force seule : il gagne par la ruse, l’aide reçue et le courage. Le monstre interroge aussi la frontière entre humain et inhumain : le Cyclope, berger qui soigne ses brebis, est-il seulement une bête ?
Mémo — Culture littéraire et artistique

- Cinq projets de l’année : récits des origines ; mots et merveilles (poésie) ; ruses en action (théâtre) ; partir à l’aventure ; rencontrer des monstres.
- Récits des origines : mythes de création, Métamorphoses d’Ovide (Arachné, Narcisse) — un sens symbolique, pas scientifique.
- Poésie : vers, strophes, rimes ; comparaison (avec « comme ») et métaphore (sans mot outil).
- Théâtre : répliques (prononcées) et didascalies (indications de jeu) ; farces et fourberies où le rusé triomphe.
- Ruse : Renart, le Renard de La Fontaine, Scapin, Ulysse — l’intelligence contre la force.
- Récit d’aventures : départ, épreuves, transformation du héros — l’Odyssée, L’Île au trésor.
- Monstres : Cyclope, Minotaure, Méduse, sirènes — l’expérience de l’autre qui révèle le héros à lui-même.
Exercices — Culture littéraire et artistique
Exercice 1
Associe chaque monstre à son héros et à l’arme (ou la ruse) qui permet la victoire : le Minotaure, Méduse, Polyphème, les sirènes / Thésée, Persée, Ulysse (deux fois).
Correction
Le Minotaure est vaincu par Thésée, qui retrouve la sortie du Labyrinthe grâce au fil d’Ariane. Persée décapite Méduse en la regardant dans le reflet de son bouclier pour ne pas être pétrifié. Ulysse aveugle Polyphème avec un pieu après l’avoir enivré et s’être fait appeler « Personne » ; face aux sirènes, il bouche les oreilles de ses compagnons avec de la cire et se fait attacher au mât.
Exercice 2
Dis pour chaque expression s’il s’agit d’une comparaison ou d’une métaphore :
- « La mer brillait comme un miroir. »
- « La lune est une faucille d’or. »
- « Ses yeux étaient deux étoiles. »
Correction
1) Comparaison : le mot outil « comme » relie la mer et le miroir. 2) Métaphore : la lune est directement identifiée à une faucille d’or, sans mot outil. 3) Métaphore : les yeux sont identifiés à des étoiles, sans « comme ». La métaphore est une comparaison sans mot outil : l’image est plus directe.
Exercice 3
À la manière d’Ovide, écris un court récit de métamorphose (8 à 10 lignes) : un personnage est transformé en animal, en plante ou en rocher. Précise la cause de la transformation et décris-la étape par étape.
Correction
Critères de réussite : la cause de la métamorphose est claire (punition d’un dieu, protection, orgueil du personnage, comme Arachné trop fière de son tissage) ; la transformation est décrite progressivement (les doigts s’allongent en pattes, les cheveux deviennent feuilles…) ; le récit est au passé et se termine sur l’état final, qui « explique » un élément du monde réel.
Exercice 4
Dans un texte de théâtre, on lit : « SCAPIN, faisant semblant de pleurer. — Ah ! mon pauvre maître ! » Distingue la réplique de la didascalie, puis explique ce que le spectateur comprend que le maître ignore.
Correction
La didascalie est « faisant semblant de pleurer » (en italique) : elle indique le jeu de l’acteur et n’est pas prononcée. La réplique est « Ah ! mon pauvre maître ! ». Grâce à la didascalie, le spectateur sait que Scapin joue la comédie : ses larmes sont fausses. Le maître, lui, croit à ce chagrin. Ce décalage — le public en sait plus que le personnage trompé — est un ressort essentiel du comique de la ruse.
Évaluation — Culture littéraire et artistique
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Écrire à la main et copier

Une écriture lisible, régulière et soignée
Écrire à la main reste essentiel au collège : une écriture lisible et rapide te fait gagner du temps dans toutes les matières et aide ta mémoire.
- Posture : dos droit, feuille légèrement inclinée, avant-bras posé sur la table.
- Tenue du stylo : entre le pouce et l’index, posé sur le majeur, sans crisper la main.
- Régularité : lettres de taille constante, bien posées sur la ligne, mots espacés régulièrement.
- Soin : pas de ratures sauvages — on barre proprement d’un trait de règle.
Une écriture lisible, régulière et soignée est une exigence dans toutes les matières — et un service rendu à ton lecteur.
Copier sans erreur : les bonnes stratégies
Copier n’est pas photographier lettre à lettre : c’est lire, mémoriser, écrire, vérifier. Le copieur efficace travaille par groupes de mots.
| Étape | Ce qu’on fait |
|---|---|
| 1. Lire | Lire tout le passage pour le comprendre : on copie mieux ce qu’on comprend |
| 2. Mémoriser | Photographier un groupe de mots entier (pas mot à mot), avec sa ponctuation |
| 3. Écrire | Écrire le groupe de mots sans regarder le modèle |
| 4. Vérifier | Comparer avec le modèle : orthographe, accents, majuscules, ponctuation |
Plus tu t’entraînes, plus les groupes mémorisés s’allongent : c’est le signe que ta copie devient experte.
On copie par groupes de mots, jamais lettre à lettre, et on vérifie toujours à la fin.
Mettre en forme ses textes
Un texte bien présenté se lit mieux et se comprend mieux. La mise en forme obéit à des règles simples :
- le titre est centré ou souligné, séparé du texte ;
- chaque paragraphe commence par un alinéa (petit retrait de la première ligne) ;
- on saute une ligne entre les grandes parties ; on respecte les marges ;
- dans un dialogue, chaque prise de parole commence par un tiret à la ligne ;
- la date, la consigne recopiée et le numéro de l’exercice structurent la page de cahier.
Se relire et corriger sa copie
La relecture est une étape à part entière du travail d’écriture. Pour être efficace, elle se fait en plusieurs passages ciblés :
- 1ᵉʳ passage : les majuscules et les points — chaque phrase en a-t-elle ?
- 2ᵉ passage : les accords — déterminant/nom/adjectif, sujet/verbe ;
- 3ᵉ passage : les mots copiés — accents, lettres muettes, mots sautés ;
- Astuce : relire en commençant par la fin du texte oblige à regarder chaque mot pour lui-même.
Mémo — Écrire à la main et copier

- Écriture : lisible, régulière, soignée — dans toutes les matières.
- Posture : dos droit, feuille inclinée ; stylo tenu sans crisper.
- Copie experte : lire → mémoriser un groupe de mots → écrire sans regarder → vérifier.
- Jamais lettre à lettre : on copie par blocs de sens, ponctuation comprise.
- Mise en forme : titre, alinéas en début de paragraphe, marges, tirets de dialogue.
- Relecture ciblée : un passage pour la ponctuation, un pour les accords, un pour les mots.
- Rature propre : un trait de règle, pas de gribouillage.
Exercices — Écrire à la main et copier
Exercice 1
Copie ce texte en appliquant la méthode « lire — mémoriser — écrire — vérifier », par groupes de mots :
« Ulysse, épuisé par la tempête, aborda l’île des Phéaciens. Là, une jeune fille, Nausicaa, l’accueillit et le conduisit au palais de son père. »
Correction
Critères de réussite : aucune erreur de copie (vérifier en particulier « épuisé » et son accent, la virgule après « Ulysse », les majuscules de « Nausicaa » et « Phéaciens », l’apostrophe de « l’accueillit ») ; le texte a été copié par groupes de mots (« Ulysse, épuisé par la tempête, » / « aborda l’île des Phéaciens. » …) et non lettre à lettre ; la relecture finale a comparé chaque groupe au modèle.
Exercice 2
Voici une copie fautive : « ulysse aborda lîle des phéacien. la jeune fille laccueillit » Recopie-la en corrigeant toutes les erreurs (compare avec le texte de l’exercice 1).
Correction
Erreurs à corriger : majuscule à « Ulysse » ; « l’île » (apostrophe manquante) ; « Phéaciens » (majuscule et s du pluriel) ; majuscule à « La » en début de phrase ; « l’accueillit » (apostrophe manquante) ; point final. Texte corrigé : « Ulysse aborda l’île des Phéaciens. La jeune fille l’accueillit. »
Exercice 3
Recopie ce court dialogue en respectant la mise en forme (tirets, retours à la ligne) : Le Renard demande au Corbeau de chanter. Le Corbeau accepte fièrement.
« Votre voix est-elle aussi belle que votre plumage ? demanda le Renard. Écoutez donc ! répondit le Corbeau, tout fier. »
Correction
Mise en forme attendue, avec un tiret à chaque changement de locuteur :
« — Votre voix est-elle aussi belle que votre plumage ? demanda le Renard.
— Écoutez donc ! répondit le Corbeau, tout fier. »
Chaque réplique commence à la ligne, précédée d’un tiret ; les verbes de parole restent dans la réplique.
Exercice 4
Relis un texte que tu as écrit récemment en trois passages ciblés : 1) majuscules et points ; 2) accords ; 3) orthographe des mots. Note combien d’erreurs chaque passage t’a permis de trouver.
Correction
Critères de réussite : les trois passages ont été faits séparément (et non une relecture globale unique) ; chaque passage a un objectif unique ; les corrections sont propres (un trait de règle). Constat attendu : la relecture ciblée trouve davantage d’erreurs que la relecture « au fil du texte », car l’attention se concentre sur un seul type de faute à la fois.
Évaluation — Écrire à la main et copier
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Écrire pour réfléchir et apprendre

Résumer un texte
Résumer, c’est redire l’essentiel d’un texte avec ses propres mots, en beaucoup plus court. C’est un exercice de compréhension autant que d’écriture.
- Garder : les personnages principaux, les actions importantes, le lieu et le moment s’ils comptent.
- Supprimer : les détails, les descriptions longues, les dialogues (on les résume : « il refuse »).
- Reformuler : ne pas recopier des phrases entières ; remplacer une liste par un mot générique (« des épées, des lances, des boucliers » → « des armes »).
- Respecter l’ordre du texte et ne pas ajouter d’idées personnelles.
Un résumé : l’essentiel, avec ses mots, dans l’ordre du texte, sans avis personnel.
Synthétiser une leçon pour l’apprendre
Écrire est un formidable outil pour mémoriser : reformuler une leçon avec ses mots, c’est déjà l’apprendre.
| Outil | Comment faire | Utile pour |
|---|---|---|
| Liste hiérarchisée | Idées principales numérotées, détails en retrait | Réviser une leçon d’histoire ou de grammaire |
| Carte mentale | Notion au centre, branches pour chaque idée, mots-clés | Voir l’ensemble d’un chapitre d’un coup d’œil |
| Fiche de mémorisation | Questions à gauche, réponses à droite (à cacher) | S’interroger soi-même avant un contrôle |
Dans tous les cas, on n’écrit que des mots-clés et des phrases courtes : recopier la leçon entière ne fait pas travailler la mémoire.
L’écrit réflexif : justifier ses choix
Un écrit réflexif est un texte court où tu expliques ce que tu penses et pourquoi : justifier une réponse, argumenter un avis, expliquer une démarche.
- La structure de base : j’affirme → je justifie → j’illustre.
- Les mots de la justification : parce que, car, en effet, par exemple, c’est pourquoi.
- Exemple : « Je pense qu’Ulysse est prudent, car il se fait attacher au mât avant d’écouter les sirènes. En effet, il sait qu’il ne pourra pas résister à leur chant. »
- En lecture, la justification s’appuie sur une citation ; en mathématiques ou en sciences, sur une règle ou une observation.
Écrit réflexif = affirmation + justification (« parce que… ») + exemple. Une idée sans preuve ne convainc pas.
Hiérarchiser les idées
Hiérarchiser, c’est classer les idées par ordre d’importance : distinguer l’idée principale des idées secondaires et des exemples.
- Idée principale : ce que le texte ou la leçon veut dire avant tout (souvent en début de paragraphe).
- Idées secondaires : elles précisent ou développent l’idée principale.
- Exemples : ils illustrent, mais ne remplacent pas l’idée.
- Astuce : si tu ne peux garder qu’une phrase, laquelle choisis-tu ? C’est l’idée principale.
Mémo — Écrire pour réfléchir et apprendre

- Résumer : garder l’essentiel, supprimer les détails, reformuler avec ses mots, suivre l’ordre du texte.
- Mot générique : « des épées, des lances » → « des armes » — l’outil clé du résumé.
- Synthétiser : liste hiérarchisée, carte mentale ou fiche question/réponse — mots-clés seulement.
- Écrit réflexif : j’affirme → je justifie → j’illustre.
- Mots de la justification : parce que, car, en effet, par exemple, c’est pourquoi.
- En lecture : justifier par une citation précise du texte.
- Hiérarchiser : idée principale > idées secondaires > exemples.
Exercices — Écrire pour réfléchir et apprendre
Exercice 1
Résume ce passage en une seule phrase :
« Ulysse et ses compagnons entrèrent dans la caverne. Ils y trouvèrent des fromages énormes, des agneaux et des chevreaux parqués, des jarres de lait caillé. Les compagnons supplièrent Ulysse de prendre les fromages et de fuir, mais le héros voulut attendre le maître des lieux. »
Correction
Proposition : « Malgré les supplications de ses compagnons qui veulent fuir avec des provisions, Ulysse décide d’attendre dans la caverne le retour de son occupant. » Le résumé garde l’essentiel (le lieu, le désaccord, la décision d’Ulysse), supprime l’énumération des provisions (remplacée par le mot générique « provisions ») et reformule sans recopier.
Exercice 2
Transforme cette petite leçon en fiche de mémorisation (3 questions à gauche, 3 réponses à droite) : « La fable est un court récit, souvent en vers, qui met en scène des animaux et se termine par une morale. La Fontaine, au XVIIᵉ siècle, en a écrit les plus célèbres. »
Correction
Proposition : Q1 « Qu’est-ce qu’une fable ? » → R1 « Un court récit, souvent en vers, avec des animaux. » Q2 « Comment se termine une fable ? » → R2 « Par une morale. » Q3 « Qui est le fabuliste français le plus célèbre, et à quel siècle ? » → R3 « La Fontaine, au XVIIᵉ siècle. » Chaque réponse est courte et peut être cachée pour s’auto-interroger.
Exercice 3
Écris un court écrit réflexif (3 à 4 phrases) répondant à la question : « Le Renard de la fable est-il un personnage sympathique ? » Utilise au moins un « parce que » ou « car » et un exemple tiré de la fable.
Correction
Exemple de réponse recevable : « Le Renard n’est pas vraiment sympathique, car il obtient le fromage en trompant le Corbeau par de fausses louanges. Par exemple, il le complimente sur un “ramage” qu’il n’a jamais entendu. Pourtant, on admire son intelligence : c’est le lecteur qui reçoit la leçon. » Critères : une affirmation claire, une justification introduite par « car/parce que », un exemple précis de la fable.
Exercice 4
Voici quatre phrases d’un paragraphe dans le désordre. Classe-les : idée principale (IP), idée secondaire (IS), exemples (EX).
- Ainsi, Polyphème dévore les compagnons d’Ulysse.
- Les monstres de l’Odyssée mettent le héros à l’épreuve.
- Les sirènes, elles, menacent l’équipage par leur chant.
- Chaque rencontre oblige Ulysse à inventer une ruse nouvelle.
Correction
IP : phrase 2 (« Les monstres de l’Odyssée mettent le héros à l’épreuve ») — c’est l’idée que tout le reste développe. IS : phrase 4 (« Chaque rencontre oblige Ulysse à inventer une ruse nouvelle ») — elle précise l’idée principale. EX : phrases 1 et 3 (Polyphème, les sirènes) — deux illustrations concrètes. Ordre logique du paragraphe : 2 → 4 → 1 → 3.
Évaluation — Écrire pour réfléchir et apprendre
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Produire des écrits variés

Écrire souvent, écrire de tout
En 6ᵉ, on écrit très fréquemment et dans des situations variées. Chaque type d’écrit a son but et ses codes :
| Type d’écrit | But | Temps dominants |
|---|---|---|
| Récit (suite de texte, épisode inventé) | Raconter une histoire | Imparfait / passé simple, ou présent |
| Avis justifié | Convaincre, partager un jugement | Présent |
| Démarche expliquée | Faire comprendre comment on a fait | Présent, passé composé |
| Résumé, synthèse | Redire l’essentiel | Présent |
Exemples de sujets : imagine une nouvelle épreuve pour Ulysse ; donne ton avis sur la fin du roman ; explique comment tu as identifié le COD.
Du brouillon au texte final
Le brouillon n’est pas un texte raté : c’est l’atelier du texte. Écrire se fait par étapes :
- 1. Comprendre le sujet : souligner les mots-clés de la consigne (raconter ? décrire ? donner son avis ?).
- 2. Chercher ses idées : liste rapide, sans se censurer, puis sélection.
- 3. Organiser : numéroter les idées, prévoir les paragraphes (début / milieu / fin).
- 4. Rédiger le premier jet, en laissant de la place pour corriger.
- 5. Réviser : améliorer le fond (cohérence, vocabulaire), puis corriger la forme (orthographe).
Un bon texte s’écrit en plusieurs fois : brouillon → révision du fond → correction de la forme → mise au propre.
La cohérence du texte
Un texte cohérent « se tient » : le lecteur ne s’y perd jamais. Quatre points de vigilance :
- Les temps : on ne passe pas du passé simple au présent sans raison. Si le récit commence à l’imparfait/passé simple, il y reste.
- Les reprises : varier les désignations du personnage (Ulysse, le héros, il) sans créer d’ambiguïté.
- Les connecteurs : d’abord, puis, soudain, enfin guident le lecteur dans le temps du récit.
- Les paragraphes : une étape de l’histoire (ou une idée) = un paragraphe.
Cohérence = temps constants + reprises claires + connecteurs + paragraphes.
Réviser son texte avec une grille
Avant de rendre un texte, passe-le au crible d’une grille de relecture :
- Ai-je répondu au sujet (tout le sujet, rien que le sujet) ?
- Mon texte a-t-il un début, un développement, une fin ?
- Mes phrases ont-elles majuscule et point ? Sont-elles complètes ?
- Ai-je vérifié les accords (sujet/verbe, groupe nominal) et les temps ?
- Ai-je remplacé les mots vagues (faire, dire, chose) par des mots précis ?
Réviser, ce n’est pas seulement corriger des fautes : c’est aussi améliorer son texte — préciser un mot, ajouter un détail qui rend la scène vivante, supprimer une répétition.
Mémo — Produire des écrits variés

- Écrits variés : récit, avis justifié, démarche expliquée, résumé — chacun a son but et ses codes.
- Étapes : comprendre le sujet → chercher les idées → organiser → rédiger → réviser.
- Brouillon : l’atelier du texte — on y rature, on y déplace, on y améliore.
- Temps du récit : imparfait (arrière-plan) et passé simple (actions) — sans changer en cours de route.
- Connecteurs : d’abord, puis, soudain, enfin — ils guident le lecteur.
- Un paragraphe = une étape ou une idée.
- Réviser : d’abord le fond (cohérence, vocabulaire précis), ensuite la forme (accords, ponctuation).
Exercices — Produire des écrits variés
Exercice 1
Corrige la cohérence des temps dans ce début de récit : « Le navire quitta le port. Les marins chantent et Ulysse regardait l’horizon. Soudain, une tempête éclate. »
Correction
Le récit commence au passé simple (« quitta ») : on reste dans le système du passé. Correction : « Le navire quitta le port. Les marins chantaient et Ulysse regardait l’horizon. Soudain, une tempête éclata. » L’imparfait convient à l’arrière-plan (chants, regard) et le passé simple aux actions soudaines (« éclata », annoncée par « Soudain »).
Exercice 2
Réécris ce passage en supprimant les répétitions grâce à des reprises variées : « Ulysse avança. Ulysse vit la caverne. Ulysse entra dans la caverne. La caverne était immense. »
Correction
Proposition : « Ulysse avança et aperçut la caverne. Le héros y entra : elle était immense. » Les reprises « le héros », « y » et « elle » évitent les répétitions tout en restant claires. Toute réécriture qui varie les désignations sans créer d’ambiguïté est acceptable.
Exercice 3
Sujet d’imagination guidé : « Ulysse aborde une île inconnue où l’attend une nouvelle épreuve. » Écris la suite en 10 à 15 lignes. Contraintes : temps du passé (imparfait/passé simple), au moins trois connecteurs (d’abord, puis, soudain, enfin…), un court dialogue, un paragraphe par étape.
Correction
Critères de réussite : le récit respecte la situation initiale donnée ; les temps du passé sont constants (imparfait pour les descriptions, passé simple pour les actions) ; au moins trois connecteurs organisent le récit ; le dialogue est correctement ponctué (tirets, verbes de parole) ; les paragraphes suivent les étapes (arrivée → découverte de l’épreuve → ruse ou combat → issue) ; l’épreuve inventée est dans l’esprit de l’Odyssée.
Exercice 4
Relis ce premier jet et améliore-le en remplaçant les mots vagues soulignés : « Le monstre faisait un bruit terrible. Ulysse a dit une chose à ses compagnons, puis ils ont fait un piège. »
Correction
Proposition : « Le monstre poussait un rugissement terrible. Ulysse murmura un plan à ses compagnons, puis ils tendirent un piège. » On remplace « faire » et « dire » par des verbes précis (pousser, murmurer, tendre) et « chose » par un nom exact (plan). Le texte gagne en précision et en force.
Évaluation — Produire des écrits variés
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Écouter pour comprendre

Une écoute active et orientée
Écouter n’est pas seulement entendre : c’est une activité qui demande de l’attention et un but. Avant d’écouter un texte lu, un exposé ou un document audio, demande-toi : qu’est-ce que je cherche à savoir ?
- Se préparer : lire la consigne avant l’écoute pour savoir quoi repérer (personnages ? lieux ? arguments ?).
- Se concentrer : regarder celui qui parle (ou fermer les yeux pour un enregistrement), ne pas commenter pendant l’écoute.
- Noter des mots-clés pendant l’écoute — pas des phrases entières, sinon on décroche.
- Accepter de réécouter : la deuxième écoute sert à vérifier et à compléter.
Une écoute efficace est orientée par un but : on sait avant d’écouter ce que l’on cherche.
Reformuler ce que l’on a entendu
Reformuler, c’est redire avec ses propres mots ce qu’on a compris. C’est la meilleure preuve de compréhension — et le meilleur moyen de vérifier qu’on n’a pas seulement « entendu ».
- Reformuler l’explicite : « Le conteur a dit que le héros partait à l’aube. »
- Reformuler l’implicite : « À sa voix tremblante, on comprend que le personnage a peur, même si ce n’est pas dit. »
- À l’oral comme à l’écrit, l’implicite se déduit d’indices : intonation, silences, musique, bruitages, choix des mots.
- Commencer sa reformulation par : « Si j’ai bien compris, … » — et accepter d’être corrigé.
À l’oral, l’implicite passe par la voix : intonation, rythme, silences en disent autant que les mots.
Reconnaître les genres de discours entendus
On n’écoute pas de la même façon un conte, un bulletin météo ou un débat. Identifier le genre de ce qu’on entend aide à mieux comprendre.
| Genre entendu | Indices sonores | But |
|---|---|---|
| Récit lu ou conté | Voix qui joue les personnages, formules (« il était une fois ») | Raconter |
| Documentaire audio | Ton neutre, chiffres, explications, interviews | Informer |
| Poème dit | Rythme marqué, rimes, musique des mots | Émouvoir, enchanter |
| Débat, échange | Plusieurs voix, arguments, désaccords polis | Convaincre, discuter |
Exprimer son ressenti d’auditeur
Après une écoute, tu peux dire ce que tu as ressenti — à condition de le préciser et de le justifier :
- Nommer l’émotion : j’ai été ému, surpris, amusé, effrayé, ennuyé…
- Dire à quel moment : « quand le conteur a baissé la voix avant l’apparition du monstre » ;
- Dire grâce à quoi : le choix des mots, la musique de la voix, un silence, un bruitage ;
- Comparer avec les autres : le même passage n’a pas fait le même effet à tous — et c’est intéressant d’en discuter.
Mémo — Écouter pour comprendre

- Écoute active : un but défini avant l’écoute, une attention entière pendant.
- Notes d’écoute : des mots-clés, jamais des phrases entières.
- Reformuler : redire avec ses mots — « Si j’ai bien compris, … ».
- Explicite : ce qui est dit ; implicite : ce que la voix, les silences et les indices laissent deviner.
- Genres entendus : récit conté, documentaire, poème dit, débat — chacun a ses indices sonores.
- Ressenti : nommer l’émotion, situer le moment, expliquer par quoi elle est produite.
- Deuxième écoute : vérifier et compléter, ce n’est pas tricher !
Exercices — Écouter pour comprendre
Exercice 1
Fais-toi lire (par un camarade ou un adulte) un court épisode de l’Odyssée que tu ne connais pas. Avant l’écoute, fixe-toi trois questions : qui ? où ? quel danger ? Après l’écoute, réponds de mémoire, puis vérifie avec une seconde écoute.
Correction
Critères de réussite : les trois questions étaient posées avant l’écoute ; les réponses de la première écoute sont formulées avec tes propres mots ; la seconde écoute a permis de corriger ou de compléter au moins un élément ; tu peux citer l’indice sonore ou verbal qui t’a mis sur la voie pour chaque réponse.
Exercice 2
On te lit cette phrase deux fois : d’abord d’une voix joyeuse, puis d’une voix tremblante avec un long silence avant le dernier mot : « Quelqu’un attendait derrière la porte. » Qu’est-ce qui change dans ce que comprend l’auditeur ? Ce changement est-il explicite ou implicite ?
Correction
Les mots sont identiques : l’information explicite ne change pas. Mais la voix tremblante et le silence transforment la phrase en annonce inquiétante : l’auditeur comprend qu’un danger menace. Ce changement est implicite : il n’est pas dit, il est produit par l’intonation et le silence. À l’oral, la voix porte une partie du sens.
Exercice 3
Écoute (en classe ou à la maison) trois extraits audio courts : un conte, un bulletin d’information, un poème dit. Pour chacun, note deux indices sonores qui t’ont permis d’identifier le genre.
Correction
Exemples d’indices recevables — Conte : formule d’ouverture (« il était une fois »), voix qui joue les personnages, rythme du récit. Bulletin d’information : ton neutre et rapide, dates et chiffres, enchaînement de sujets. Poème : rythme régulier, rimes ou répétitions, musique des mots, débit plus lent. L’essentiel est que chaque indice soit bien un indice sonore ou verbal entendu, pas une supposition.
Exercice 4
Après l’écoute d’un récit en classe, rédige trois phrases : 1) une reformulation commençant par « Si j’ai bien compris… » ; 2) une émotion ressentie et le moment précis où tu l’as ressentie ; 3) l’indice (voix, mots, silence) qui a produit cette émotion.
Correction
Critères de réussite : la reformulation redit l’essentiel avec tes mots (sans répéter mot à mot) ; l’émotion est nommée précisément (surpris, inquiet, amusé… plutôt que « c’était bien ») ; le moment est situé (« quand… ») ; l’indice mentionné est concret : un mot fort, un changement de voix, une pause. Exemple : « Si j’ai bien compris, Ulysse s’échappe caché sous un bélier. J’ai été inquiet quand le Cyclope a caressé le dos de l’animal, car le conteur a ralenti et baissé la voix. »
Évaluation — Écouter pour comprendre
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Dire et échanger

Raconter, expliquer, argumenter à l’oral
Une production orale réussie est claire et organisée. Selon le but, l’organisation change :
| But | Organisation | Exemple de tâche |
|---|---|---|
| Raconter | Ordre chronologique : début, péripéties, fin | Raconter un épisode de l’Odyssée à la classe |
| Expliquer | Étapes logiques : d’abord, ensuite, donc | Expliquer comment reconnaître un COD |
| Argumenter | Avis + raisons + exemples | Défendre son livre préféré au cercle de lecture |
Dans tous les cas : annoncer de quoi on va parler, suivre son plan (quelques mots-clés sur une fiche), conclure d’une phrase.
À l’oral comme à l’écrit, un propos réussi a un but (raconter, expliquer, argumenter) et un plan.
Parler et lire devant un public
Parler devant la classe s’apprend. Les points d’appui du bon orateur :
- La voix : assez forte, débit calme, articulation nette ;
- Le regard : balayer l’auditoire, ne pas fixer ses notes ni le sol ;
- Le corps : posture stable, gestes qui accompagnent le propos (sans agitation) ;
- Le trac : normal ! On le dompte en répétant à voix haute, en respirant profondément avant de commencer, et en connaissant très bien sa première phrase.
Pour une lecture ou une récitation, on mémorise le texte (ou son plan) et l’on s’entraîne plusieurs fois — seul, puis devant un proche.
Participer à un échange
Dans un débat ou une discussion de classe, on n’empile pas des monologues : on tient compte de ce qui a été dit.
- Écouter vraiment celui qui parle, sans préparer sa phrase pendant ce temps ;
- Reprendre : « Comme l’a dit Inès… », « Je ne suis pas d’accord avec Tom, parce que… » ;
- Demander la parole et respecter celle des autres ; on discute des idées, jamais des personnes ;
- Faire avancer l’échange : apporter un argument nouveau, un exemple, une nuance — pas répéter ce qui a déjà été dit.
Bien échanger = écouter, reprendre les propos des autres, puis ajouter quelque chose de nouveau.
Porter un regard critique sur l’oral
On progresse à l’oral en s’évaluant et en évaluant les autres avec bienveillance, à l’aide d’une grille :
- Voix : m’a-t-on entendu et compris partout dans la salle ?
- Organisation : le propos avait-il un début, un développement, une fin ?
- Regard et posture : ai-je regardé l’auditoire ?
- Langue : ai-je évité les mots béquilles (« euh », « du coup », « genre ») ?
- Un retour utile commence par un point réussi, puis propose une amélioration précise.
Mémo — Dire et échanger

- Trois buts de l’oral : raconter (ordre chronologique), expliquer (étapes logiques), argumenter (avis + raisons + exemples).
- Préparer : un plan en mots-clés sur une fiche, jamais un texte entier lu tête baissée.
- Voix : forte, calme, articulée ; regard : vers l’auditoire.
- Trac : se dompte par la répétition, la respiration et une première phrase parfaitement connue.
- Échanger : écouter, reprendre (« comme l’a dit… »), ajouter du nouveau.
- Respect : on discute les idées, jamais les personnes.
- S’évaluer : grille voix / organisation / regard / langue — un point fort + une amélioration.
Exercices — Dire et échanger
Exercice 1
Prépare en cinq mots-clés (pas de phrases !) le récit oral d’un épisode de l’Odyssée de ton choix, puis raconte-le en une à deux minutes à un camarade ou à ta famille.
Correction
Critères de réussite : la fiche ne contient que des mots-clés (par exemple : caverne — fromages — « Personne » — pieu — béliers) ; le récit suit l’ordre chronologique ; il tient dans le temps imparti ; la voix est audible et le regard quitte la fiche. Le test décisif : l’auditeur peut reformuler l’épisode après t’avoir écouté.
Exercice 2
Trouve une réplique qui « reprend » avant d’ajouter du nouveau. Situation : dans un débat sur les monstres, Inès vient de dire que le Cyclope est un pur méchant. Tu penses au contraire qu’il est aussi une victime. Formule ta prise de parole.
Correction
Exemple recevable : « Je comprends l’idée d’Inès, car le Cyclope dévore des hommes. Mais je ne suis pas entièrement d’accord : c’est aussi une victime, parce qu’Ulysse entre chez lui sans y être invité et l’aveugle. Le texte le montre même en berger qui soigne ses bêtes. » La prise de parole reprend le propos entendu, exprime le désaccord poliment et l’appuie sur des éléments du texte.
Exercice 3
Argumentation orale : présente en une minute ton livre préféré de l’année pour convaincre la classe de le lire. Structure imposée : ton avis, deux raisons, un exemple précis, une phrase de conclusion.
Correction
Critères de réussite : l’avis est annoncé dès le début (« Je vous recommande… ») ; les deux raisons sont distinctes (l’intrigue, un personnage, l’écriture, l’émotion…) ; l’exemple est précis sans divulguer la fin ; la conclusion reformule l’invitation à lire ; le tout est dit de mémoire à partir de mots-clés, en regardant l’auditoire.
Exercice 4
Écoute l’exposé d’un camarade avec la grille du cours (voix, organisation, regard, langue). Formule ensuite ton retour : un point réussi + une amélioration précise.
Correction
Exemple de retour bien formulé : « Ta voix portait jusqu’au fond de la classe et ton plan était facile à suivre. Pour progresser, essaie de lever les yeux de ta fiche à la fin de chaque phrase. » Le retour est précis, bienveillant, et ne propose qu’une amélioration à la fois — c’est ainsi qu’il est vraiment utile.
Évaluation — Dire et échanger
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Vocabulaire

Face à un mot inconnu : trois stratégies
Quand tu rencontres un mot inconnu, tu n’es pas démuni : trois stratégies, à essayer dans l’ordre, permettent presque toujours de s’en sortir.
- 1. Le contexte : la phrase et le paragraphe donnent des indices. Dans « le navire fut disloqué par les rochers », le contexte suggère « brisé, mis en pièces ».
- 2. La morphologie : découper le mot. « invisible » = in- (négation) + vis (voir) + -ible (possibilité) → « qui ne peut pas être vu ».
- 3. Le dictionnaire : en dernier recours ou pour vérifier — choisir le sens qui convient au contexte, car beaucoup de mots sont polysémiques.
Mot inconnu : d’abord le contexte, puis la formation du mot, enfin le dictionnaire pour vérifier.
Mots simples, mots dérivés, mots composés
Un mot simple ne peut pas être décomposé (terre, lire). Un mot dérivé est formé sur un radical avec un préfixe et/ou un suffixe (dé-terr-er, re-lire). Un mot composé assemble plusieurs mots (chou-fleur, porte-clés).
| Élément | Sens | Exemples |
|---|---|---|
| Préfixe re- | répétition, retour | refaire, revenir, relire |
| Préfixes in-, im-, ir- | négation | invisible, impossible, irréel |
| Préfixe dé- | contraire, séparation | défaire, décoller, déranger |
| Suffixe -able / -ible | possibilité | lavable, lisible, buvable |
| Suffixe -tion | action, résultat | navigation, création, punition |
| Suffixe -ette | diminutif | maisonnette, fillette, tartelette |
Connaître ces éléments permet de comprendre et d’orthographier des familles de mots entières : terre, terrain, terrestre, atterrir, souterrain…
L’étymologie : le latin et le grec dans nos mots
L’étymologie est l’histoire de l’origine des mots. Le français vient surtout du latin, et beaucoup de mots savants sont formés sur le grec ancien.
| Racine | Langue | Sens | Mots français |
|---|---|---|---|
| aqua | latin | eau | aquarium, aquatique |
| terra | latin | terre | territoire, terrestre |
| hippos | grec | cheval | hippopotame, hippodrome |
| poly- | grec | nombreux | polygone, polyglotte |
| -phage | grec | qui mange | anthropophage (qui mange des hommes) |
La mythologie éclaire aussi les mots : le Cyclope tire son nom du grec kuklos (« cercle ») et ôps (« œil ») — l’œil rond et unique ! Et une odyssée désigne aujourd’hui tout long voyage mouvementé, en souvenir d’Ulysse (Odysseus en grec).
L’étymologie aide à comprendre le sens des mots et leur orthographe (le « h » d’hippopotame vient du grec hippos).
Les registres de langue
On ne parle pas de la même façon à ses copains, à un professeur ou dans une rédaction : on adapte son registre de langue à la situation.
| Registre | Situation | Exemple |
|---|---|---|
| Familier | Entre amis, à l’oral | « C’est un bouquin génial. » |
| Courant | À l’école, dans la vie quotidienne | « C’est un très bon livre. » |
| Soutenu | À l’écrit, dans les textes littéraires | « Cet ouvrage est remarquable. » |
Réemployer le vocabulaire appris à bon escient, c’est choisir le mot juste et le registre adapté : dans une rédaction, on écrit « ce roman m’a passionné » plutôt que « ce bouquin est trop cool ».
Écrire correctement les mots fréquents
Certains mots reviennent sans cesse : il faut les écrire juste, sans hésiter, même en situation autonome.
- Les homophones courants : a / à, et / est, on / ont, son / sont, ou / où, ce / se.
- Astuce de remplacement : « il a faim » → « il avait faim » (donc a sans accent) ; « il est parti » → « il était parti » (donc est).
- Les mots invariables à connaître par cœur : toujours, souvent, beaucoup, aussitôt, parmi, malgré, longtemps…
- Se constituer un répertoire personnel des mots qu’on rate souvent, et le relire régulièrement.
Mémo — Vocabulaire

- Mot inconnu : contexte → morphologie (préfixe/radical/suffixe) → dictionnaire.
- Mot simple (terre), dérivé (déterrer), composé (chou-fleur).
- Préfixes : re- (répétition), in-/im- (négation), dé- (contraire) ; suffixes : -able (possibilité), -tion (action), -ette (diminutif).
- Étymologie : latin (aqua = eau, terra = terre) et grec (hippos = cheval, poly- = nombreux).
- Cyclope : du grec kuklos (cercle) + ôps (œil) — l’étymologie raconte les mots.
- Registres : familier (bouquin), courant (livre), soutenu (ouvrage) — à adapter à la situation.
- Homophones : a/à, et/est, on/ont, son/sont — vérifier par remplacement (« avait », « était »…).
- Mots invariables fréquents : toujours, beaucoup, malgré, parmi… à savoir par cœur.
Exercices — Vocabulaire
Exercice 1
Décompose ces mots dérivés (préfixe / radical / suffixe) et donne leur sens :
- relecture
- imbuvable
- maisonnette
Correction
1) re-lect-ure : préfixe re- (répétition) + radical lect (lire) + suffixe -ure → action de lire de nouveau. 2) im-buv-able : préfixe im- (négation) + radical buv (boire) + suffixe -able (possibilité) → qu’on ne peut pas boire. 3) maison-(n)ette : radical maison + suffixe diminutif -ette → petite maison.
Exercice 2
En t’aidant des racines grecques et latines du cours, propose le sens de ces mots, puis vérifie au dictionnaire :
- hippodrome
- polyglotte
- aquatique
Correction
1) Hippodrome : du grec hippos (cheval) et dromos (course) → lieu où se déroulent les courses de chevaux. 2) Polyglotte : du grec poly- (nombreux) et glôtta (langue) → personne qui parle plusieurs langues. 3) Aquatique : du latin aqua (eau) → qui vit dans l’eau ou s’y rapporte. L’étymologie permet de deviner le sens avant même d’ouvrir le dictionnaire.
Exercice 3
Réécris cette phrase en registre courant, puis en registre soutenu : « Ce bouquin sur Ulysse est trop cool, le Cyclope fiche vraiment la trouille. »
Correction
Registre courant : « Ce livre sur Ulysse est très bien ; le Cyclope fait vraiment peur. » Registre soutenu : « Cet ouvrage consacré à Ulysse est remarquable ; le Cyclope inspire une véritable terreur. » Le sens ne change pas : seuls les mots (bouquin/livre/ouvrage) et les expressions (fiche la trouille / fait peur / inspire la terreur) s’adaptent au registre.
Exercice 4
Complète avec le bon homophone et justifie par un remplacement : « Ulysse … rusé » (et/est) ; « Les marins … peur » (on/ont) ; « Il retourne … Ithaque » (a/à) ; « Ses compagnons … épuisés » (son/sont).
Correction
« Ulysse est rusé » (on peut dire « était » → verbe être). « Les marins ont peur » (on peut dire « avaient » → verbe avoir). « Il retourne à Ithaque » (on ne peut pas dire « avait » → préposition à, avec accent). « Ses compagnons sont épuisés » (on peut dire « étaient » → verbe être). Le remplacement par l’imparfait est le test le plus sûr.
Évaluation — Vocabulaire
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — La phrase simple et la phrase complexe

Les constituants de la phrase simple
Une phrase simple contient un seul verbe conjugué. Autour de ce verbe s’organisent des groupes qui ont chacun une fonction :
| Fonction | Question / test | Exemple (en gras) |
|---|---|---|
| Sujet | Qui est-ce qui… ? + encadrement « c’est… qui » | Ulysse construit un radeau. |
| COD | Verbe + qui ? quoi ? — remplaçable par le/la/les | Ulysse construit un radeau. |
| COI | Verbe + à qui ? de quoi ? — remplaçable par lui/leur | Ulysse parle à ses compagnons. |
| Complément circonstanciel | Où ? quand ? comment ? — déplaçable et supprimable | Le soir, Ulysse construit un radeau. |
| Attribut du sujet | Après un verbe d’état, qualifie le sujet | Ulysse est rusé. |
Le complément circonstanciel est déplaçable et supprimable ; le COD et le COI ne le sont pas.
Attribut du sujet ou COD : ne plus les confondre
L’attribut du sujet et le COD se trouvent tous deux après le verbe — mais tout les oppose :
| Attribut du sujet | COD | |
|---|---|---|
| Type de verbe | Verbe d’état : être, sembler, paraître, devenir, rester, demeurer, avoir l’air | Verbe d’action : voir, construire, attaquer… |
| Ce qu’il désigne | Une qualité du sujet (la même personne ou chose) | Un être ou un objet différent du sujet |
| Accord | S’accorde avec le sujet : « Elles semblent heureuses. » | Ne s’accorde pas avec le sujet |
| Exemple | « Polyphème est un géant. » (Polyphème = géant) | « Polyphème saisit un rocher. » (Polyphème ≠ rocher) |
Test infaillible : remplace le verbe par un signe « = ». Si la phrase garde son sens (« Polyphème = un géant »), c’est un attribut ; sinon (« Polyphème = un rocher » est absurde), c’est un COD.
Après un verbe d’état → attribut du sujet. Après un verbe d’action → COD. Le test du « = » tranche tous les cas.
Phrase simple, phrase complexe, proposition
Une proposition est un ensemble de mots organisé autour d’un verbe conjugué. Pour distinguer phrase simple et phrase complexe, on compte les verbes conjugués :
- « Ulysse rentra enfin à Ithaque. » → 1 verbe conjugué = phrase simple (une proposition).
- « Ulysse rentra à Ithaque et il retrouva Pénélope. » → 2 verbes conjugués = phrase complexe (deux propositions).
- Attention : l’infinitif et le participe ne comptent pas. « Ulysse veut rentrer » = 1 seul verbe conjugué (« veut »).
Juxtaposition, coordination, subordination
Dans une phrase complexe, les propositions sont reliées de trois manières :
| Relation | Moyen | Exemple |
|---|---|---|
| Juxtaposition | Un signe de ponctuation ( , ; : ) | « Le vent soufflait, les vagues grondaient. » |
| Coordination | Une conjonction de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car | « Ulysse est épuisé, mais il continue. » |
| Subordination | Un mot subordonnant : que, quand, parce que, si, lorsque… | « Les marins tremblent parce que le Cyclope approche. » |
Dans la subordination, l’une des propositions (la subordonnée) dépend de l’autre (la principale) : « parce que le Cyclope approche » ne peut pas s’employer seule.
Les conjonctions de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car. Une subordonnée ne peut pas exister seule.
Mémo — La phrase simple et la phrase complexe

- Phrase simple : un seul verbe conjugué ; phrase complexe : deux ou plus (= autant de propositions).
- Sujet : test « c’est… qui » ; COD : verbe + qui/quoi, remplaçable par le/la/les.
- COI : verbe + à qui / de quoi, remplaçable par lui/leur.
- Complément circonstanciel : déplaçable et supprimable (où ? quand ? comment ?).
- Attribut du sujet : après un verbe d’état (être, sembler, devenir, paraître, rester, demeurer) ; test du « = ».
- Attribut ≠ COD : « Il est un héros » (il = héros, attribut) / « Il voit un héros » (il ≠ héros, COD).
- Juxtaposition : ponctuation ; coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car ; subordination : que, quand, parce que, si…
- Subordonnée : dépend de la principale, ne peut pas s’employer seule.
Exercices — La phrase simple et la phrase complexe
Exercice 1
Pour chaque phrase, indique la fonction du groupe en gras (sujet, COD, COI, complément circonstanciel) :
- Chaque matin, le Cyclope sort ses troupeaux.
- Le Cyclope sort ses troupeaux.
- Les compagnons d’Ulysse tremblent de peur.
- Ulysse parle au géant.
Correction
1) « Chaque matin » : complément circonstanciel de temps (déplaçable : « Le Cyclope sort ses troupeaux chaque matin » ; supprimable). 2) « ses troupeaux » : COD (le Cyclope sort quoi ? — remplaçable : « Le Cyclope les sort »). 3) « Les compagnons d’Ulysse » : sujet (« Ce sont les compagnons d’Ulysse qui tremblent »). 4) « au géant » : COI (parle à qui ? — remplaçable : « Ulysse lui parle »).
Exercice 2
Attribut du sujet ou COD ? Justifie avec le test du « = » :
- Ulysse semble épuisé.
- Ulysse aperçoit une île.
- Pénélope reste fidèle.
- Les marins craignent la tempête.
Correction
1) Attribut du sujet : « sembler » est un verbe d’état, et « Ulysse = épuisé » a du sens. 2) COD : « apercevoir » est un verbe d’action, et « Ulysse = une île » est absurde ; on peut dire « Ulysse l’aperçoit ». 3) Attribut du sujet : « rester » est un verbe d’état ; « Pénélope = fidèle ». 4) COD : « craindre » est un verbe d’action ; « les marins la craignent ».
Exercice 3
Phrase simple ou phrase complexe ? Compte les verbes conjugués et justifie :
- Le navire quitta le port à l’aube.
- Le vent se leva et les voiles se gonflèrent.
- Les marins veulent rentrer chez eux.
- Quand la nuit tomba, Ulysse prit la barre.
Correction
1) Phrase simple : un seul verbe conjugué (« quitta »). 2) Phrase complexe : deux verbes conjugués (« se leva », « se gonflèrent »), propositions coordonnées par « et ». 3) Phrase simple : « veulent » est le seul verbe conjugué ; « rentrer » est un infinitif, il ne compte pas. 4) Phrase complexe : deux verbes conjugués (« tomba », « prit ») ; « Quand la nuit tomba » est une subordonnée.
Exercice 4
Indique si les propositions sont juxtaposées, coordonnées ou si l’une est subordonnée à l’autre :
- La mer se déchaîna ; le radeau se brisa.
- Ulysse nagea longtemps, car la côte était loin.
- Nausicaa aida l’étranger parce qu’il semblait perdu.
Correction
1) Juxtaposition : les deux propositions sont reliées par un point-virgule, sans mot de liaison. 2) Coordination : la conjonction « car » (mais, ou, et, donc, or, ni, car) relie deux propositions indépendantes. 3) Subordination : « parce qu’il semblait perdu » dépend de la principale « Nausicaa aida l’étranger » et ne peut pas s’employer seule.
Évaluation — La phrase simple et la phrase complexe
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Orthographe grammaticale et conjugaison

Les chaînes d’accord
Dans le groupe nominal, le déterminant et l’adjectif s’accordent en genre et en nombre avec le nom : c’est la chaîne d’accords. Le verbe, lui, s’accorde avec son sujet.
- Groupe nominal : « les grandes vagues noires » — le pluriel et le féminin se propagent du nom à tous les mots de la chaîne.
- Sujet/verbe : « Les compagnons d’Ulysse tremblent. » — le sujet est « les compagnons » (pluriel), pas « Ulysse » !
- Sujet inversé : « Dans la caverne dormaient les brebis. » — le verbe s’accorde avec « les brebis ».
- Sujet éloigné : repérer le verbe, poser la question « qui est-ce qui ? », puis accorder.
Avant d’accorder un verbe, on cherche son sujet avec « qui est-ce qui… ? » — même s’il est inversé ou éloigné.
L’accord du participe passé
Aux temps composés, le participe passé s’accorde selon l’auxiliaire :
| Auxiliaire | Règle | Exemples |
|---|---|---|
| être | Accord avec le sujet | « Elles sont parties. » « Les marins sont arrivés. » |
| avoir | Pas d’accord avec le sujet | « Elles ont mangé des pommes. » (mangé invariable) |
| avoir + COD placé avant | Accord avec le COD antéposé | « Les pommes qu’elles ont mangées. » « Je les ai vues. » |
Méthode pour l’auxiliaire avoir : chercher le COD (« a mangé quoi ? »). S’il est après le verbe ou absent → pas d’accord. S’il est avant (pronom les, que…) → accord avec ce COD.
Avec être : accord avec le sujet. Avec avoir : accord seulement si le COD est placé avant le verbe.
L’impératif présent
L’impératif sert à donner un ordre, un conseil ou une interdiction. Il n’a que trois personnes et s’emploie sans sujet exprimé.
| Personne | chanter | finir | prendre | être | avoir |
|---|---|---|---|---|---|
| 2ᵉ pers. sing. | chante | finis | prends | sois | aie |
| 1ʳᵉ pers. plur. | chantons | finissons | prenons | soyons | ayons |
| 2ᵉ pers. plur. | chantez | finissez | prenez | soyez | ayez |
Piège : à la 2ᵉ personne du singulier, les verbes en -er ne prennent pas de -s : « Écoute le chant des sirènes ! » (mais « Finis ton travail »). Exception d’euphonie devant en et y : « Vas-y ! », « Manges-en ! »
Le conditionnel présent
Le conditionnel présent se forme sur le radical du futur + les terminaisons de l’imparfait : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient.
| Personne | chanter | prendre | être |
|---|---|---|---|
| je | chanterais | prendrais | serais |
| tu | chanterais | prendrais | serais |
| il/elle | chanterait | prendrait | serait |
| nous | chanterions | prendrions | serions |
| vous | chanteriez | prendriez | seriez |
| ils/elles | chanteraient | prendraient | seraient |
Ses emplois : le souhait (« J’aimerais visiter Ithaque »), la politesse (« Pourrais-tu m’aider ? »), l’imaginaire (« On serait des explorateurs, on découvrirait une île… »), et le fait soumis à une condition (« Si le vent tombait, nous ramerions »).
Conditionnel présent = radical du futur + terminaisons de l’imparfait. Ne pas confondre « je chanterai » (futur) et « je chanterais » (conditionnel).
Les valeurs des temps : discours et récit
Les temps se répartissent en deux grands systèmes selon la situation :
| Système | Temps principaux | Emploi | Exemple |
|---|---|---|---|
| Temps du discours | Présent, passé composé, futur | Dialogue, lettre, conversation | « Je suis Personne, je t’ai vaincu et je rentrerai chez moi. » |
| Temps du récit | Imparfait, passé simple | Récit écrit au passé | « La mer était calme quand le monstre surgit. » |
Dans le récit au passé : l’imparfait pose le décor et les actions d’arrière-plan (descriptions, habitudes) ; le passé simple rapporte les actions de premier plan, soudaines et achevées, qui font avancer l’histoire.
Mémo — Orthographe grammaticale et conjugaison

- Groupe nominal : déterminant + adjectif s’accordent avec le nom (« les grandes vagues noires »).
- Sujet/verbe : trouver le sujet avec « qui est-ce qui ? », même inversé ou éloigné.
- Participe passé avec être : accord avec le sujet (« elles sont parties »).
- Participe passé avec avoir : pas d’accord… sauf si le COD est avant (« les pommes qu’elles ont mangées »).
- Impératif : 3 personnes, sans sujet ; pas de -s aux verbes en -er (« chante ! ») sauf « vas-y », « manges-en ».
- Conditionnel présent : radical du futur + -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient (« je chanterais »).
- Temps du discours : présent, passé composé, futur ; temps du récit : imparfait, passé simple.
- Imparfait = arrière-plan, décor ; passé simple = actions de premier plan.
Exercices — Orthographe grammaticale et conjugaison
Exercice 1
Accorde les participes passés entre parenthèses :
- Les compagnons sont (rentré) au navire.
- Elles ont (raconté) leur aventure.
- Les îles que nous avons (visité) étaient magnifiques.
- Je les ai (aperçu) au loin, ces falaises.
Correction
1) « rentrés » : auxiliaire être, accord avec le sujet « les compagnons » (masculin pluriel). 2) « raconté » : auxiliaire avoir, le COD « leur aventure » est placé après le verbe → pas d’accord. 3) « visitées » : auxiliaire avoir, mais le COD « que » (= les îles, féminin pluriel) est placé avant → accord. 4) « aperçues » : le COD « les » (= ces falaises, féminin pluriel) est avant le verbe → accord.
Exercice 2
Mets les verbes à l’impératif présent, 2ᵉ personne du singulier : « (écouter) mes conseils, (finir) tes préparatifs, (prendre) ta rame et (être) courageux. Surtout, (aller)-y sans crainte ! »
Correction
« Écoute mes conseils, finis tes préparatifs, prends ta rame et sois courageux. Surtout, vas-y sans crainte ! » Les verbes en -er ne prennent pas de -s (« écoute ») ; « finis » et « prends » gardent leur -s ; « sois » est l’impératif irrégulier d’être ; devant « y », on écrit « vas-y » (euphonie).
Exercice 3
Conjugue au conditionnel présent : « Si j’étais Ulysse, je (ruser) plutôt que de combattre, nous (construire) un cheval de bois et mes compagnons me (suivre) sans hésiter. »
Correction
« Si j’étais Ulysse, je ruserais plutôt que de combattre, nous construirions un cheval de bois et mes compagnons me suivraient sans hésiter. » Radical du futur (ruser-, construir-, suivr-) + terminaisons de l’imparfait (-ais, -ions, -aient). Après « si + imparfait », c’est bien le conditionnel qu’on emploie dans la proposition principale.
Exercice 4
Dans ce passage, indique la valeur de chaque temps souligné : « La mer brillait (1) sous le soleil et les marins chantaient (2). Soudain, un monstre surgit (3) des flots et renversa (4) le navire. »
Correction
(1) et (2) : imparfait — arrière-plan du récit, décor et actions qui durent (la mer qui brille, les chants). (3) et (4) : passé simple — actions de premier plan, soudaines et achevées, qui font basculer l’histoire (le surgissement du monstre, le naufrage). Le contraste imparfait/passé simple structure tout récit au passé : « Soudain » annonce d’ailleurs le passage au premier plan.
Évaluation — Orthographe grammaticale et conjugaison
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
